lundi 11 juillet 2016

Suis-je capable d'être voyeur ?

Suis-je vraiment capable d'être un voyeur ?

C'est un vaste sujet fantasmatique qui m'a été tendu très souvent, et qui se confronte à ma propre nature. Il existe d'ailleurs une cohortes de couples qui entrent dans le "libertinage" par le trou de la serrure, c'est à dire, avec un ou une troisième qui ne les touchera point.

Nous sommes dans une société voyeuriste, de plus en plus voyeuriste.

Le voyeurisme guide un peu notre comportement de tous les jours, où notre réflexe de base est s’attarder notre regard, comme hypnotisé, sidéré par ce qui se passe sous nos yeux, même s'il s'agit de moments intimes voire gênants. Je parle là de notre regard qui s'attarde sur une personne différente, y compris le regard innocent de l'enfant de 4 ans ("Papa, pourquoi le monsieur il est dans un fauteuil avec des roues ?"). On peut y ajouter la téléréalité, mais aussi ce ralentissement que l'on fait tous sur l'autoroute lorsque l'on croise un accident dans la file d'en face, et cette sidération provoquée par des évènements tragiques servis en boucle par les chaînes d'info.

Mais est-ce vraiment ça le voyeurisme. Ce que je cite ci dessus provoque plus souvent trop plein, malaise, voire nausée ...

Le voyeurisme dont je parle est excitation. Et surtout excitation sexuelle. Être le témoin passif d'ébats sexuels sans en être acteur.

Il s'agit donc d'observer une femme se câliner, d'observer un couple faire l'amour, voire des élans plus multiples par exemple.

A ce jour, en mots, c'est excitant, mais dans les faits, je constate que je ne suis pas très à l'aise s'il ne s'agit pas d'une parade amoureuse, d'une étape préliminaire, ou d'un effet miroir à des élans dont je serais amené à être l'acteur (ou un des acteurs).

J'ai eu beaucoup de mal à laisser ma partenaire jouer seule de ses petits doigts sans tenter de la combler moi même avec les miens, mes baisers ou mes élans. Je me suis observé dans un trio, à ne pas être extérieur très longtemps, parfois centre des attentions, parfois accessoire ...

Je crois que dans le voyeurisme, il y a deux effets totalement opposés. Le voyeurisme est pour moi la preuve de la capacité à voyager dans l'imaginaire, et d'en retirer cette fameuse excitation que provoque les rêves. Mais il y a aussi ce lâcher prise, qui permet d'imaginer que l'autre, les autres peuvent partager cette intimité avec vous, et la vivre sans vous.

Le zénith du voyeurisme serait donc le candaulisme ..? Ou alors serait-ce lire un blog fantasmatique ?

6 commentaires:

  1. J'ai souvent associé le voyeurisme à des préliminaires avec des jeux de regard, provocation suprême et attente insoutenable qui gonfle la boule de désir dans ton ventre.
    Comment ne pas succomber ensuite à l'envie de toucher, de goûter, de sentir et ressentir ...
    S'il s'agit de rester dans un fauteuil à se masturber autant regarder un film porno ...

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    1. @Lyne :

      Oui, mais non. En fait, vous décrivez là des préliminaires ... Juste une attente choisie ou subie ... Qui monte et finit par être assouvie charnellement.

      Voyeurisme ouvre pour moi un accès au plaisir tout autre. Rester dans l'imaginaire ... Lacher prise ... La question est ... Si j'y était vraiment confronté, saurai-je faire ?

      Ed

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  2. Il y a deux différences importantes : voir en étant vu ou voir sans être vu. Je préfère la seconde alternative. :o)
    Merci pour l'ajout de mon blog dans votre liste de blogs préférés. Bonne journée !

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    1. @Mirone :

      Voir sans être vu doit procurer cette sensation addictive de pouvoir.

      Pour ma part, j'ai plus souvent été exposé au fantasme voyeur en étant vu .. Qui implique du bi-lateral et donc un voyeur et un exhib (un alter ego, un couple, un groupe, ...). En club (après midi couple), c'est d'ailleurs un rôle que l'on prend alternativement, mais dans une sorte de foule anonyme, et avec cette spirale positive qui vous entraîne vers l'action qui ne laisse pas sur "sa faim" et ne laisse pas naître ce monde imaginaire et ce lacher prise ...

      Ed

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    2. pour moi le "lacher prise" est un état d'esprit , un état de l'esprit, qui consciemment ou pas, disjoncte à un moment précis avec la réalité, avec la morale, avec la "technique" pour ne faire plus qu'un avec la sensation, c'est un état regressif qui laisse toute la place à l'émotion et le paraxisme du plaisir. Et ceci quelle que soit la situation excitante (à 2, à 3 ou plus ... anonymes ou pas ...) c'est le "pied" .....!!!!!!

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    3. @quatorze et plus :

      Je suis assez d'accord avec ce lâcher prise qui se produit dans l'action, avec un alter ego qui prend la baguette de chef d'orchestre, avec un multitude. Cette régression se déclenche et laisse aller à un plaisir brut.

      Mon point était un peu différent. Le lâcher prise sous forme de "se laisser aller à être naturel" même si on est épié, ou "se laisser aller à ressentir" en regardant.

      Dans la multitude, et avec l'habitude, je vous rejoins, ça s'entremêle et devient régressif, orgiaque, émouvant, et déborder de plaisir si tant est qu'on est "bien accompagné".

      Ed

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